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Sources : ANSES, Ciqual, études publiées.
Information générale, pas un avis médical.

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MAJ 17/10/2026 Calculer ma dose

Spiruline plante, algue ou bactérie ? Biologie, histoire et culture

Spiruline : plante ou algue ? En réalité, la spiruline n’est ni une plante ni une algue, mais une cyanobactérie du genre Arthrospira, un micro-organisme qui fait de la photosynthèse. Elle vit naturellement dans des lacs chauds et très alcalins, et elle est aujourd’hui cultivée en bassins, des fermes artisanales aux grandes unités industrielles.

Sommaire
  1. La spiruline est-elle une plante ?
  2. Arthrospira platensis, maxima, indica : quelles espèces ?
  3. À quoi ressemble la spiruline ?
  4. Où vit la spiruline à l’état naturel ?
  5. Histoire de la spiruline : du Mexique au lac Tchad
  6. Production de la spiruline dans le monde
  7. Culture de la spiruline en France
  8. Les étapes de la culture de la spiruline
  9. Pourquoi le mode de culture compte pour vous
  10. Questions fréquentes

Cette page explique ce qu’est la spiruline sur le plan biologique, d’où vient sa consommation, comment elle est produite dans le monde et en France, et pourquoi ces conditions de culture comptent pour ce que vous mettez dans votre assiette.

La spiruline est-elle une plante ?

Non. Selon l’Anses, « la spiruline est le nom commun donné aux cyanobactéries du genre Arthrospira (anciennement Spirulina) ». La Fédération des spiruliniers de France le dit aussi : elle est « souvent considérée comme une micro-algue », mais c’est une cyanobactérie.

La confusion est compréhensible. La spiruline possède des caractères de deux mondes :

  • Des caractères de bactérie : ses cellules n’ont pas de noyau et sa paroi est de type Gram négatif.
  • Des caractères de micro-algue : elle contient de la chlorophylle et fait de la photosynthèse grâce à des pigments particuliers, les phycobiliprotéines.

L’Anses tranche : « Elle est actuellement considérée comme une cyanobactérie, donc rattachée au règne des Eubactéries. » Les cyanobactéries étaient autrefois appelées « algues bleu-vert », d’où l’expression « algue spiruline » qu’on lit encore partout.

CaractèreSpirulineCe que cela indique
Noyau cellulaireAbsentBactérie
ParoiType Gram négatifBactérie
ChlorophylleChlorophylle a seulementPhotosynthèse, comme les végétaux
Autres pigmentsPhycocyanine (bleue), caroténoïdesTypique des cyanobactéries
FormeFilaments spiralésD’où le nom « spiruline »
ClassementOrdre des Oscillatoriales, famille des MicrocoleaceaeRègne des Eubactéries

Arthrospira platensis, maxima, indica : quelles espèces ?

Le nom de genre Spirulina n’est plus utilisé pour les spirulines alimentaires : on parle aujourd’hui d’Arthrospira. L’Anses cite trois espèces dans les souches commerciales :

  • Arthrospira platensis, aussi nommée A. fusiformis ou Spirulina platensis : c’est l’espèce des souches cultivées en France.
  • Arthrospira maxima, exploitée au Mexique, au lac Texcoco.
  • Arthrospira indica.

La nomenclature reste mouvante : une partie des spirulines commercialisées est parfois rattachée à un genre Limnospira. Sur une étiquette, vous lirez donc indifféremment Spirulina platensis, Arthrospira platensis ou simplement « spiruline ».

À quoi ressemble la spiruline ?

Au microscope, la spiruline forme des filaments enroulés en spirale. À l’œil nu, une culture ressemble à une eau d’un vert soutenu, presque bleuté.

Sa couleur vient de trois familles de pigments : la chlorophylle a (verte, environ 1,1 à 1,5 % du poids sec), la phycocyanine C (bleue, 5 à 15 % selon les études) et des caroténoïdes comme le bêta-carotène. La phycocyanine sert à fabriquer les extraits colorants vendus sous le nom de spiruline bleue.

Une fois récoltée, la spiruline prend plusieurs aspects :

  • Fraîche : une pâte vert foncé qui « a la consistance d’une pâte à modeler », selon la Fédération des spiruliniers de France. Elle se conserve très peu de temps et exige une bonne chaîne du froid (voir notre guide de la spiruline fraîche).
  • Séchée : brindilles ou « spaghettis » cassants, paillettes, poudre fine, ou comprimés et gélules après transformation.

Où vit la spiruline à l’état naturel ?

La spiruline a besoin d’un milieu très particulier, que l’Anses décrit ainsi :

  • une eau douce et chaude, autour de 25 °C ;
  • une eau très alcaline, avec un pH de 8 à 11,5 ;
  • une eau riche en carbonates et bicarbonates, en nitrates, en phosphates et en fer ;
  • des lacs ou des mares parfois temporaires.

On la trouve dans des lacs alcalins d’Afrique (Tchad, Éthiopie, Tunisie), d’Amérique latine (Mexique, Pérou) et d’Asie du Sud (Inde, Sri Lanka, Thaïlande). Ce milieu extrême a un avantage : un pH de l’ordre de 10 limite le développement de la plupart des germes pathogènes, ce que les cultures reproduisent volontairement.

Histoire de la spiruline : du Mexique au lac Tchad

Deux peuples sont connus pour avoir consommé la spiruline bien avant son industrialisation. Les dates anciennes sont à prendre avec prudence : les sources ne concordent pas toujours.

Les Aztèques et le lac Texcoco

Des récits du XVIe siècle décrivent la récolte d’une matière verte à la surface du lac Texcoco, au Mexique. Les Aztèques l’appelaient tecuitlatl en nahuatl, un mot parfois traduit par « excrément du rocher » ou « excroissance de pierres ». Cette consommation a décliné après la conquête espagnole et le drainage des lacs.

Le dihé des Kanembou, au Tchad

Autour du lac Tchad, les Kanembou consomment la spiruline sous forme de galettes séchées appelées « dihé ». L’Anses décrit une « forme séchée sur paille ». Cette pratique pourrait remonter à l’empire du Kanem, vers le IXe siècle, mais cette datation reste une hypothèse.

Les quantités sont notables. D’après des observations de 1976 citées par l’Anses, au Tchad, la spiruline sert de sauce pour le millet, à raison de 9 à 13 g par repas ; la consommation traditionnelle peut atteindre ou dépasser 50 g par semaine. D’autres sources avancent des quantités bien plus élevées : le chiffre reste incertain.

La redécouverte au XXe siècle

L’usage tchadien est signalé en 1959 par l’ethnologue Max-Yves Brandily. Des explorateurs belges rapportent ensuite des galettes du lac Tchad pour les analyser : la Fédération des spiruliniers de France date cette collecte de 1964, d’autres sources de 1967, avec le botaniste belge Jean Léonard. Les échantillons sont identifiés comme Spirulina platensis par Pierre Compère.

Le passage à l’industrie

Au Mexique, Arthrospira maxima est exploitée commercialement au lac Texcoco dans les années 1970, avec l’appui de travaux de l’Institut français du pétrole. Les sources situent ce démarrage en 1970 ou en 1975 selon les cas. Dans les années 1980, des productions industrielles se développent au Mexique, à Taïwan, aux États-Unis, en Thaïlande, au Japon et en Israël. Les photobioréacteurs, des cultures en circuit fermé, apparaissent au début des années 2000, selon l’Anses.

Production de la spiruline dans le monde

L’Anses cite des chiffres de la FAO pour 2010 : 62 300 tonnes produites en Chine et 6 000 tonnes au Chili. Ces données sont anciennes et nous n’avons pas de chiffre mondial plus récent issu d’une source officielle.

À titre de comparaison, les producteurs français adhérents de leur fédération déclaraient 30 à 35 tonnes par an en 2017 (voir plus bas). Même si les années diffèrent, l’ordre de grandeur est sans commune mesure : l’essentiel de la spiruline consommée dans le monde vient de grandes unités de production.

Culture de la spiruline en France

La spiruline française est produite par de nombreuses petites fermes. La Fédération des spiruliniers de France a été créée en 2009 par une trentaine de producteurs. La première ferme française aurait vu le jour dans l’Hérault à la fin des années 1990 (la fédération indique 1998 sur une page, 1999 sur une autre).

En 2017, la fédération comptait 160 adhérents, tous en métropole, et l’on estimait à une cinquantaine le nombre de producteurs non adhérents. Les adhérents produisaient alors 30 à 35 tonnes par an, une offre qui « ne couvre pas la demande », selon les données transmises à l’Anses. La fédération revendique aujourd’hui « plus de 100 producteurs et productrices ».

Les souches cultivées en France en 2017 étaient des A. platensis d’origines variées : Paracas (Pérou), Lonar (Inde), Éthiopie, Tchad et Madagascar. Les producteurs de la fédération vendent de la biomasse fraîche, des brindilles et des paillettes, sans fabriquer d’extraits.

Selon la Fédération des spiruliniers de France, seule la mention « Origine : France » garantit une culture en France ; « fabriquée en France » ou « contrôlée en France » ne le garantissent pas. C’est la position de la fédération, pas un texte réglementaire. Pour comparer les labels et les origines, voir spiruline française et bio.

Les étapes de la culture de la spiruline

Voici les étapes déclarées par la Fédération des spiruliniers de France pour ses producteurs. Ce sont des pratiques professionnelles, pas une règle imposée à tous.

  1. Préparer le bassin.Des bassins d’eau douce sous serre reçoivent du sel marin, du bicarbonate de sodium et des sels minéraux pour recréer un milieu alcalin.
  2. Agiter et ombrer.Des roues à aubes ou des pompes brassent l’eau en continu ; un ombrage protège la culture.
  3. Surveiller chaque jour.Le pH et la température sont contrôlés quotidiennement. En culture, le pH reste au-dessus de 9,5, ce qui limite la plupart des germes.
  4. Filtrer la récolte.L’eau de culture passe sur des filtres de 20 à 40 µm qui retiennent les filaments de spiruline.
  5. Presser.La biomasse est pressée pour en retirer l’eau : on obtient la spiruline fraîche, une pâte à consommer rapidement.
  6. Mettre en forme et sécher.La pâte est extrudée en « spaghettis », puis séchée 6 à 8 heures à moins de 50 °C. Séchée, elle se conserve plusieurs années.

Pourquoi le mode de culture compte pour vous

Une composition qui change d’un bassin à l’autre

Le producteur règle lui-même la teneur du milieu en minéraux. L’Anses note que « la teneur en minéraux de la spiruline varie fortement en fonction du mode de production et de la zone de collecte ». C’est pourquoi le fer, le calcium ou le magnésium varient du simple au décuple entre lots : les chiffres sont détaillés dans la composition nutritionnelle de la spiruline.

Des risques liés au milieu

La production de toxines par la spiruline elle-même n’est pas décrite, à l’exception de deux échantillons kényans. Mais une culture mal maîtrisée peut être contaminée par d’autres cyanobactéries, par des bactéries au moment de la récolte ou du séchage, ou par des métaux, que la spiruline fixe facilement. L’Anses recommande donc de privilégier « les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés par les pouvoirs publics ». Le détail des risques est expliqué dans les dangers de la spiruline.

Fraîche ou séchée

La spiruline fraîche se trouve surtout auprès des producteurs, car elle se garde très peu de temps. La spiruline séchée voyage et se conserve. Pour savoir quelle quantité prendre selon la forme choisie, utilisez le calculateur de dose de spiruline.

Sources

  1. Anses, avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la spiruline, saisine 2014-SA-0096, 2017, anses.fr.
  2. Anses, « Compléments alimentaires à base de spiruline : privilégier les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés », 30/11/2017, anses.fr.
  3. Fédération des spiruliniers de France, « La culture de spiruline en France », spiruliniersdefrance.fr.
  4. Fédération des spiruliniers de France, pages « La spiruline » et « Historique et objectifs », spiruliniersdefrance.fr.

Questions fréquentes

La spiruline est-elle une plante ?

Non. La spiruline est une cyanobactérie du genre Arthrospira. Elle fait de la photosynthèse comme une plante, mais ses cellules n’ont pas de noyau, comme celles des bactéries. L’Anses la rattache au règne des Eubactéries.

La spiruline est-elle une algue ?

Pas au sens strict. On l’appelle souvent « micro-algue » parce qu’elle vit dans l’eau, contient de la chlorophylle et fait de la photosynthèse. Mais c’est une cyanobactérie, autrefois appelée « algue bleu-vert ».

Quel est le nom scientifique de la spiruline ?

Les souches commerciales appartiennent au genre Arthrospira : Arthrospira platensis (aussi appelée A. fusiformis ou Spirulina platensis), A. maxima et A. indica. Le nom de genre Spirulina n’est plus utilisé pour ces espèces, et une partie d’entre elles est parfois classée dans un genre Limnospira.

Où pousse la spiruline à l’état naturel ?

Dans des lacs et des mares d’eau douce chaude (autour de 25 °C), très alcaline (pH 8 à 11,5) et riche en carbonates. On en trouve en Afrique (Tchad, Éthiopie, Tunisie), en Amérique latine (Mexique, Pérou) et en Asie du Sud (Inde, Sri Lanka, Thaïlande).

Comment cultive-t-on la spiruline ?

En bassins d’eau sous serre, agités et ombragés, enrichis en bicarbonate de sodium, sel et sels minéraux, avec un suivi quotidien du pH et de la température. La récolte est filtrée, pressée, puis consommée fraîche ou séchée à basse température.

Peut-on faire pousser de la spiruline chez soi ?

La culture demande un milieu très alcalin, une température stable et un suivi quotidien du pH. Nous n’avons pas trouvé de recommandation officielle pour une culture domestique. Gardez en tête que l’Anses conseille de privilégier les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés.

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Mis à jour le 17 octobre 2026